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Avoir un pays à son nom !

Comme certains le savent, 21maps s’occupe actuellement de la conceptions de différentes mappemondes. Les premières impressions (physiques) ont été reçues et me laissent de bonnes impressions (sentiment). Quelques retouches doivent cependant être apportées, notamment au niveau des couleurs.

Si vous voulez avoir votre nom sur une carte

Parmi les types de mappemonde que je vous proposerai, il y a les mappemondes personnalisées !

Afin d’avoir une carte unique, qui vous ressemble et qui fasse sourire quand on la regarde, pourquoi ne pas changer, discrètement ou non, le nom d’un pays en le remplaçant par le votre ou par un dérivé ?

Prenons un exemple simple : un client fictif, monsieur « Lucien Bramard« , sympathique et très chauvin. Ce dernier souhaite une petite touche personnelle sur sa carte. Les possibilités sont multiples :

(certains reconnaîtront le clin d’œil)

 

Ceux qui ont réussi

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe bel et bien des pays qui tiennent leur nom d’une personne. Dix-huit pays tirent leur noms de personnages ayant vécu de l’antiquité au XXe siècle. Sur les 18, un seul état tire son nom d’une femme. Petite revue d’effectif :

(cliquez pour zoomer)

  1. Arménie → Cet état du Caucase tire son nom d’Aram, petit-fils de Noé.
  2. Israël → Cet état du proche-orient tire son nom d’Israël, autre nom donné au patriarche hébreux Jacob.
  3. Salomon → Cet archipel d’Océanie tire son nom du roi Salomon (Xe siècle av. J.-C.).
  4. Salvador → Cet état d’Amérique Centrale tire son nom de Jésus de Nazareth dit le Christ, le « sauveur de l’humanité » d’après les évangiles.
  5. Sao Tomé-et-Principe → Cet archipel d’Afrique équatoriale est le seul pays à tirer son nom de deux personnes différentes. Tout d’abord Thomas, disciple de Jésus (Ier siècle) et ensuite du prince Alphonse de Portugal (XVe siècle).
  6. Saint-Christophe-et-Nièves → Cet archipel des Caraïbes tire son nom en partie de Christophe de Lycie, martyr chrétien ayant vécu au début du IIIe siècle.
  7. Saint-Vincent-et-les-Grenadines → Cet archipel des Caraïbes tire son nom en partie de Vincent de Saragosse, diacre ayant vécu à la fin du IIIe siècle.
  8. Sainte-Lucie → Cette île des Caraïbes doit son nom à Lucie de Syracuse, une martyre chrétienne ayant elle aussi vécu à la fin du IIIe siècle. C’est le seul pays qui tire son nom d’une femme.
  9. Géorgie → Le cas de cet état du Caucase, limitrophe de l’Arménie est un peu particulier. Seul son nom « occidentalisé » tire son nom d’une personne : Georges de Lydda (fin IIIe siècle), soldat romain et martyr chrétien, connu pour son mythe de pourfendeur de dragon. En géorgien, le pays se nomme საქართველო ou Sakartvelo, dérivé de la Kartalinie, une région du pays.
  10. Saint-Marin → Cette petite république enclavée en Italie tire son nom de Marin du Mont Titan, le fondateur d’une communauté chrétienne autour du mont Titan au tout début du IVe siècle.
  11. Mozambique → Ce pays africain tire son nom du cheikh arabe qui dirigeait le pays au XVe siècle : Mussa Bin Bique.
  12. Colombie → Ce pays d’Amérique du Sud tire son nom de Christophe Colomb, le célèbre explorateur génois du XVe siècle.
  13. Maurice → Cet archipel de l’Océan Indien tire son nom du prince néerlandais Maurice de Nassau ayant vécu au XVIe et XVIIe siècles.
  14. Liechtenstein → Ce pays alpin est l’un des deux seuls pays doublement enclavé au monde. Il tire son nom de la dynastie des Liechtenstein, fondée par Charles Ier de Liechtenstein en 1608.
  15. Îles Marshall → Cet archipel d’Océanie doit son nom à l’explorateur britannique John Marshall qui les découvrit au XVIIIe siècle.
  16. Kiribati → Cet archipel d’Océanie doit son nom à la transcription phonétique locale du nom « Gilbert », nom de l’explorateur britannique Thomas Gilbert, qui les découvrit à la fin du XVIIIe siècle.
  17. Bolivie → Ce pays d’Amérique du Sud doit son nom à Simon Bolivar, le « libérateur de l’Amérique du Sud ». Homme politique et militaire vénézuélien du XIXe siècle, Simon Bolivar participa de manière décisive à l’indépendance de la plupart des pays d’Amérique du Sud, dont le Haut-Pérou qui deviendra en 1825 la Bolivie.
  18. Arabie Saoudite → Cet état du golfe persique doit son nom à Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (dit Ibn Séoud) qui fonda l’Arabie Saoudite en 1932. L’histoire retient que l’Arabie Saoudite est en réalité le troisième « état saoudien ». Cependant, si les deux précédent avaient été fondés par la dynastie Saoud, leurs noms étaient respectivement, l’émirat de Diriyah et l’émirat de Nejd.

Sur toute cette liste (si on exclut la légende liée à Aram), seuls Marin (même si le pays n’existait pas vraiment de son vivant), Mussa Bin Bique (idem), Simon Bolivar (provisoirement) et Ibn Séoud vécurent dans le pays nommé en leur honneur.

Encore plus fort : Vespucci

Avoir un pays nommé en son honneur est déjà impressionnant. Mais l’héritage laissé par le navigateur florentin Vespucci est bien plus colossal, puisqu’il a un continent entier à son nom. Vous ne connaissez pas le continent « Vespucci » ? C’est normal, les géographes ont préféré choisir son prénom : Amerigo ; autrement dit : l’Amérique.

Chapeau l’artiste !

 

Démocratie

Après l’article sur la Macédoine qui illustrait la confusion que peut générer le nom d’un pays, je vais évoquer le cas le plus emblématique et le plus absurde de tous. Une carte vaut toujours mieux qu’un long discours :

La République du Congo (à gauche, en vert) et la République Démocratique du Congo (au centre, en rose).

Le Congo

La République du Congo et la République Démocratique du Congo sont deux pays d’Afrique équatoriale. Ils sont (comme leur nom l’indique) situés le long du fleuve Congo, de part et d’autre sur son cours inférieur. De ce fait, la seule chose qui différencie le nom des deux états est l’ajout du terme « démocratique » sur le plus grand des deux. Hélas, comme bien souvent, cet adjectif ne correspond pas à la dure réalité vécue par ses habitants.

Salade Macédoine

Quelques fois, même le plus avisé des géographes peut confondre certains pays. Dans certains cas, le nom même des pays n’aide pas.

Si la Macédoine n’a pas grand chose à voir avec l’empire macédonien d’Alexandre le Grand, il est un cas en Afrique qui prête à sourire ou soupirer, au choix : les deux Congo.

Macédoine

Avant de revenir sur ce cas africain, parlons aujourd’hui d’abord de la Macédoine, incarnation d’un des rares cas de lien entre cartographie et cuisine que je connais : la salade macédoine !

Nouveau drapeau pour la Mauritanie.

La géographie, ce n’est pas que les cartes, c’est aussi les drapeaux.

Derrière ce(s) cliché(s), il y a néanmoins une réalité : le géographe aime souvent ces étendards et le changement de l’un d’entre eux est souvent un événement. Événement de surcroît assez rare avec un changement tous les 4/5 ans environ.

C’est donc la Mauritanie qui vient de modifier le sien. « Modifier » car contrairement aux changements précédents (comme le Rwanda en 2001 ou la Birmanie en 2010 par exemple), il ne s’agit pas d’un nouveau dessin mais juste d’une modification.
L’ancien drapeau était vert avec en son centre un croissant étoilé, symboles de l’islam. La couleur jaune représentant le Sahara.

Par référendum, les mauritaniens ont approuvé l’ajout de deux bandes horizontales rouges symbolisant le sang versé pour la patrie lors des différentes guerres du pays.

Drapeaux de la Mauritanie avant et après le 15 août 2017.

Voilà pour ce petit article sur ce petit changement. Est-ce que l’idée de faire une petite rétrospective explicative sur l’historique des drapeaux vous intéresserait ?

Celui qui tient la plume (ou comment bien faire une mappemonde)

Je travaille en ce moment sur la réalisation de mappemondes. Ce travail m’a donné l’occasion de me confronter à certaines « règles ». Comme tout média d’information, la cartographie n’échappe pas au bon vouloir de son rédacteur qui reste seul maître à bord. Si certaines règles évidentes sont à respecter, d’autres sont beaucoup plus libres.

Metrolife — Mexico

Voici une présentation du dernier thème proposé pour Metrolife : Mexico.

Le plan atypique du métro de Mexico.

Le métro de Mexico a été inauguré dans la fin des années soixante, le 4 septembre 1969 très précisément. Lors de la conception du métro, le problème de ce que l’on appelle «l’information voyageurs» se posa très vite aux concepteurs.  L’information voyageurs comprends toutes les composantes de communication destinées aux usagers afin qu’il puisse utiliser le service de transport en commun en totale autonomie. Lors de la décision de doter Mexico d’un métro, le taux d’alphabétisation du Mexique n’était que de 37,8 % ! Plus d’un adulte sur deux ne savait pas lire. Comment donc faire comprendre à un individu lambda qu’il est arrivé à sa station de destination ? Comment lui faire savoir que la rame dans laquelle il circule se situe à la station Isabel la Católica et non la suivante Salto del Agua ?