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Démocratie

Après l’article sur la Macédoine qui illustrait la confusion que peut générer le nom d’un pays, je vais évoquer le cas le plus emblématique et le plus absurde de tous. Une carte vaut toujours mieux qu’un long discours :

La République du Congo (à gauche, en vert) et la République Démocratique du Congo (au centre, en rose).

Le Congo

La République du Congo et la République Démocratique du Congo sont deux pays d’Afrique équatoriale. Ils sont (comme leur nom l’indique) situés le long du fleuve Congo, de part et d’autre sur son cours inférieur. De ce fait, la seule chose qui différencie le nom des deux états est l’ajout du terme « démocratique » sur le plus grand des deux. Hélas, comme bien souvent, cet adjectif ne correspond pas à la dure réalité vécue par ses habitants.

Salade Macédoine

Quelques fois, même le plus avisé des géographes peut confondre certains pays. Dans certains cas, le nom même des pays n’aide pas.

Si la Macédoine n’a pas grand chose à voir avec l’empire macédonien d’Alexandre le Grand, il est un cas en Afrique qui prête à sourire ou soupirer, au choix : les deux Congo.

Macédoine

Avant de revenir sur ce cas africain, parlons aujourd’hui d’abord de la Macédoine, incarnation d’un des rares cas de lien entre cartographie et cuisine que je connais : la salade macédoine !

Nouveau drapeau pour la Mauritanie.

La géographie, ce n’est pas que les cartes, c’est aussi les drapeaux.

Derrière ce(s) cliché(s), il y a néanmoins une réalité : le géographe aime souvent ces étendards et le changement de l’un d’entre eux est souvent un événement. Événement de surcroît assez rare avec un changement tous les 4/5 ans environ.

C’est donc la Mauritanie qui vient de modifier le sien. « Modifier » car contrairement aux changements précédents (comme le Rwanda en 2001 ou la Birmanie en 2010 par exemple), il ne s’agit pas d’un nouveau dessin mais juste d’une modification.
L’ancien drapeau était vert avec en son centre un croissant étoilé, symboles de l’islam. La couleur jaune représentant le Sahara.

Par référendum, les mauritaniens ont approuvé l’ajout de deux bandes horizontales rouges symbolisant le sang versé pour la patrie lors des différentes guerres du pays.

Drapeaux de la Mauritanie avant et après le 15 août 2017.

Voilà pour ce petit article sur ce petit changement. Est-ce que l’idée de faire une petite rétrospective explicative sur l’historique des drapeaux vous intéresserait ?

Celui qui tient la plume (ou comment bien faire une mappemonde)

Je travaille en ce moment sur la réalisation de mappemondes. Ce travail m’a donné l’occasion de me confronter à certaines « règles ». Comme tout média d’information, la cartographie n’échappe pas au bon vouloir de son rédacteur qui reste seul maître à bord. Si certaines règles évidentes sont à respecter, d’autres sont beaucoup plus libres.

Metrolife — Mexico

Voici une présentation du dernier thème proposé pour Metrolife : Mexico.

Le plan atypique du métro de Mexico.

Le métro de Mexico a été inauguré dans la fin des années soixante, le 4 septembre 1969 très précisément. Lors de la conception du métro, le problème de ce que l’on appelle «l’information voyageurs» se posa très vite aux concepteurs.  L’information voyageurs comprends toutes les composantes de communication destinées aux usagers afin qu’il puisse utiliser le service de transport en commun en totale autonomie. Lors de la décision de doter Mexico d’un métro, le taux d’alphabétisation du Mexique n’était que de 37,8 % ! Plus d’un adulte sur deux ne savait pas lire. Comment donc faire comprendre à un individu lambda qu’il est arrivé à sa station de destination ? Comment lui faire savoir que la rame dans laquelle il circule se situe à la station Isabel la Católica et non la suivante Salto del Agua ?

En attendant Mexico

Metrolife, le premier grand volet de mon site, s’inspire de certains des plus célèbres plans de transport en commun de la planète.

Et si j’en ai retenu quatre pour mon volet cartographie personnalisée (Paris, Londres, New York & Mexico) ; d’autres auraient pu (ou pourront) rejoindre la liste.

 

Tokyo

Le métro de Tokyo est le plus fréquenté et est l’un des réseaux les plus dense (le 5e) avec 328,8 km de voies. Son plan est schématique, les stations portent chacune un nom de code qui sert de repère aux usagers ne lisant pas le japonais (par exemple 清澄白河 ou Z-11 est la 11e station (depuis l’ouest) de la ligne 東京地下鉄半蔵門線 (Hanzomon) représentée par la lettre Z). Un plan rédigé dans l’alphabet latin existe. La baie de Tokyo et le Kokyo, le palais impérial, sont les seuls repères géographiques. Cette carte ne se démarque pas des autres, ni par la représentation graphique des lignes et des stations, ni par la police de caractère ou les couleurs utilisées.. C’est pour cette raison que je ne l’ai pas choisie.

Extrait du plan du métro de Tokyo

 

Shanghai

À l’image de la Chine, le métro de Shanghai est passé d’un petit réseau comparable à celui de Lyon en 2007 au premier réseau mondial en 2017, seulement dix ans plus tard, avec 548 km de voies et seize lignes (et ce n’est pas près de s’arrêter). Le plan du réseau est schématique. Je trouve qu’il n’est pas à la hauteur de son rang. S’il reprend les codes couleurs du plan de Paris, il est moins lisible, les noms des stations étant écrits dans tous les sens et même parfois masqués par les couleurs, empêchant une bonne lisibilité. Tout comme Tokyo, rien dans ce plan sort du lot.  À l’inverse de Tokyo, il est très difficile pour le touriste ne lisant pas les caractères chinois de se repérer sur le plan de base (en chinois). Il devra forcément prendre le plan anglais.

Extrait du plan de Shanghai avec à gauche le plan en chinois, à droite celui en anglais.

 

Moscou

Transportant plus de passagers par jour que les métros de New York et Londres réunis, le métro de Moscou est visuellement le plus beau au monde. Certaines stations sont des œuvres d’art et rares sont les guides touristiques à ne pas évoquer le métro comme une attraction touristique à faire lorsqu’on visite la ville.

La station Mayakovskaya.

Le plan mérite également de s’attarder à le lire : il est assez atypique et ressemble à un soleil écrasé, en raison de la ligne 5 circulaire, la Koltsevaïa. Moscou n’est pas le seul réseau à disposer d’une ligne circulaire, Londres en a également une (même si depuis 2009, une excroissance de la Circle Line lui donne un tracé ressemblant plus à un «6» qu’à un «O» ) et Tokyo aussi avec la ligne Yamanote, la ligne la plus fréquentée au monde. Mais contrairement à Moscou, le plan n’a jamais été conçu à partir de cette ligne là. Moscou a fait ce choix en la représentant parfaitement circulaire et centrée au milieu de la carte.

Extrait du plan du réseau de métro de Moscou.

Le plan est assez clair. Les correspondances sont représentées de façon toute particulière avec un dégradé circulaire de couleur entre les stations. Depuis peu, le plan représente également la ligne МЦК, le RER circulaire (ligne 14). La représentation suit la même logique que pour la ligne Koltsevaïa et le plan présente de façon très harmonieuse ces deux cercles entrecroisés par la multitude des autres lignes. a police de caractère ‘Moscow Sans’ est très lisible sans être iconique (du fait de sa jeunesse), elle se décline sur le plan aussi bien en cyrilique qu’en alphabet latin.

Extrait dé-zoomé avec la ligne МЦК (blanche contour rouge) montrant bien les 2 lignes circulaires.

Si le plan est schématique, il est beaucoup plus complet que les autres, il représente la Moskva, mais également les monuments touristiques, les voies ferrées et les principales lignes de tram/bus.

J’ai conscience d’être assez dithyrambique sur ce plan ; je ne l’ai pas choisi car sa spécificité viens de sa conception même et des fameuses lignes circulaires. Dans métrolife, les événement marquants d’une vie sont représentés de façon chronologique. Ce choix se prête mal à une représentation circulaire et sauf cas particuliers, je ne pense pas faire beaucoup de lignes de ce type. C’est pour cette raison que Metrolife — Moscou n’est pas à l’ordre du jour.

Madrid

Dans l’imaginaire collectif, le métro de Madrid n’est pas l’un des plus célèbre au monde et il ne vous serait sans doute pas venu à l’esprit de le citer parmi les principaux métros de la planète. Et pourtant ! Si niveau fréquentation, le réseau n’est que le 26e le plus fréquenté (2,7 fois moins que Paris, 6,5 fois moins que Pékin), c’est le deuxième au monde après New York en terme de nombre de stations, et le 8e en terme de longueur de voies. Le réseau de Madrid fait 80 km de plus que celui de Paris (pour la comparaison).
Le réseau à donc les mêmes problématiques en terme d’information destinée aux voyageur (dont les plans font partie) que les grands réseaux. En 2007, Madrid a révolutionné le mode de représentation des plans de transport en s’affranchissant (presque) totalement de la géographie pour réaliser une carte schématique d’un nouveau genre.

Le géographe que je suis fut de premier abord assez circonspect de ce choix, mais il faut avouer que le résultat est plus que réussi. Il est légitime qu’il soit désormais reconnu comme l’un des meilleurs plans de transport.
L’idée de base est simplement de schématiser à l’extrême et de ne permettre que des angles à 90°, sans forcément suivre l’orientation de la ligne. L’objectif étant d’avoir une carte plus facile à lire avec notamment des indication de temps de parcours à pied entre les différentes lignes dans les stations de correspondance.

Extrait du plan dit « à 90 degrés » de Madrid.

Pour respecter ses objectifs, la géographie est donc tordue : la rivière Manzanarès qui traverse Madrid de façon rectiligne se voit  elle aussi représentée avec des angles droits. Les parcs sont représentés par des rectangles arrondis peu importe leur forme réelle. Le tout accompagné par une police de caractère atypique, octogonale, donnant du caractère à ce plan. Si je n’ai pas prévu de l’utiliser pour le moment, si Metrolife séduit beaucoup de monde, j’envisagerai de faire Metrolife — Madrid.

Pour aller plus loin

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille la lecture de du livre « Transit Maps of the World » qui reprends ces plans et bien d’autres (dernière édition en 2015).

(lien vers Amazon)

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