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Ces pays qui n’existent que dans le sport !

16 février 2018, Tucker Murphy termine 108e de l’épreuve reine de ski de fond des jeux de la 23e Olympiade d’hiver, les Jeux olympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchang, grand’messe du sport d’hiver, qui battent leur plein en ce moment. Tucker Murphy est l’unique athlète représentant les Bermudes ; « nation » qui, comme les 81 autres, se battent pour essayer de rivaliser avec la Norvège, le pays le plus médaillé de l’histoire des Jeux olympiques d’Hiver et ayant remporté le plus de médailles d’or aux précédents jeux de Sochi (2014).

En réalité, il s’agit de « nations » reconnues par le Comité International Olympique (C.I.O.) mais qui ne correspondent pas au 193 pays indépendants reconnus par les Nation Unies. Dans le monde du sport, c’est une chose que l’on retrouve assez souvent. Lors des compétitions majeures, apparaît sur la liste des nations reconnues par les fédérations internationales des pays qui n’existent pas ou, tout du moins, qui ne sont pas indépendants ou unilatéralement reconnus et, théoriquement, devraient/pourraient participer pour une nation « mère ». C’est le cas des Bermudes, représentés par Tucker Murphy qui sont une dépendance du Royaume-Uni de Grande-Bretagne

Carte du monde des Aéroports

La prochaine carte réalisée par 21maps représente les principaux aéroports de part le monde.

La suggestion m’a été faite par une hôtesse de l’air suite à sa commande d’une carte personnalisée 21maps. Les échanges lors de la personnalisation ont tourné autour des villes (et aéroports) qu’elle fréquente dans le cadre de son travail.

The islands that wanted to be Canadian.

Easy Geography is a new serie of articles meant to be easily understood by anyone.
I choose to illustrate them with countryballs.
Countryballs are little balls representing different countries (with their flag or with caricatural behaviour ) in a simple and comical way.

 

Irrédentisme et Canada Tropical

Le Canada est le deuxième pays le plus étendu de la planète.

Il bénéficie d’une image d’Épinal basée sur la neige, le froid et les étendues glacées.

Parc national de Banff – Crédit photo inconnu.

Pourtant, si les politiques extérieures du Canada, du Royaume-Uni et localement des Turques-et-Caïques s’entendent, le Canada pourrait être, un jour, associé à une image plus tropicale, sans que le réchauffement climatique y soit pour quoi que ce soit.

Turques-et-Caïques – Image wallup

Et ce, en raison de l’irrédentisme des turks, les habitants des îles Turques-et-Caïques.

Le monde à l’envers — ou pourquoi le nord est en haut d’une carte.

Il est des choses auxquelles on ne pense pas, il est des conventions tellement ancrées qu’on ne réfléchit que trop rarement à leur origine. Faire la bise pour dire bonjour, conduire sur le côté droit de la route, lever le pouce pour marquer une approbation, un support, ou encore quelque chose que tout écolier passé par un cours de géographie connaît : le nord est toujours en haut sur une carte.

S’il s’agit bien d’une convention universelle, c’est faux : le nord n’est pas et n’a pas toujours été en haut.

Orientis supra

Jusqu’au moyen-âge, il n’existait pas de règles.
Les cartes les plus célèbres en Europe étaient les cartes dites en T-O (Terrarum Orbis) représentant l’écoumène (monde connu) d’alors dans une façon extrêmement influencée par la mythologie et la foi judéo-chrétienne.

Aoste ou l’Italie francophone

L’Italie est un pays relativement récent à l’échelle européenne. Si, bien sûr, les italiens revendiquent l’héritage des romains, la réalité fait état d’un pays qui s’est construit au XIXe siècle par une unification plus ou moins forcée de provinces hétéroclites : le Risorgimento.

À l’issue de cette unification, l’italien n’était pas la lingua franca de la nouvelle nation puisque dans de nombreuses parties du territoire étaient parlés le frioulan, l’allemand, le ladin et … le français.

Une région italienne francophone

Il est en effet une région d’Italie qui fut jusqu’à il y a 50 ans encore majoritairement francophone. L’arpitan, une variante locale du franco-provençal, y était alors parlé depuis plusieurs siècles, depuis sa prise de possession par les Bourguignons (Xe siècle) puis, surtout, par la maison de Savoie (XIIIe siècle). L’ancrage du français se retrouve ainsi dans les toponymes. Ainsi la majorité des villes, des villages, des cours d’eau, des montagnes et autres lieux-dits sont en français. Chose amusante, la Vallée d’Aoste a choisi le français comme langue officielle en 1536, soit trois ans avant que la France ne fasse la même chose.

Mussolini a bien entrepris une italianisation forcée de la région, mais les noms français ont tenu (à l’inverse de ce qui s’est passé dans le Südtyrol). Et aujourd’hui encore, il est surprenant de lire une carte (même en italien) de la région. Ci-dessous un extrait de la version italienne de google maps dans la région :

Pré-Saint-Didier, Antey-Saint-André, Valpelline, Chef-Lieu, Champdepraz ou Valgrisenche sont autant de communes italiennes.

Zoom sur la région (Google Maps)

 

De Gaulle laisse Aoste aux italiens.

Il fut question d’envisager l’annexion française du Val-d’Aoste à la fin de la seconde guerre mondiale. Mais devant les difficultés de liaison entre cette vallée et le reste de la France, cette idée fut abandonnée par le Général de Gaulle qui écrivit :

« Quant au Val d’Aoste, nous aurions eu les meilleures raisons ethniques et linguistiques de nous l’assurer. Nous y rencontrions d’ailleurs, lors de la venue de nos troupes, le désir presque général d’appartenir à la patrie française. Mais, comme pendant huit mois de l’année, les neiges du mont Blanc interrompent les communications entre la France et les Valdôtains dont l’existence est, de ce fait, liée à celle de l’Italie, nous avions pris le parti de ne pas revendiquer la possession de la Vallée. Il nous suffirait d’obtenir que Rome en reconnût l’autonomie. »

C’est ce qui arriva. Le Val d’Aoste est aujourd’hui une région italienne autonome. Le bilinguisme italien/français est obligatoire à l’école et les habitants ont la possibilité d’avoir une carte d’identité italienne rédigée dans les deux langues. Cependant, d’un point de vue démographique, les italophones ont progressivement remplacé les francophones du fait de l’importance nationale de la langue italienne et de sa culture. Alors que les francophones représentaient 95 % de la population en 1900, les italophones représentent aujourd’hui 97 % de la population, même si les 3/4 parlent également le français et la moitié l’arpitan (la variante locale du français).