Das Kapital

Das Kapital

La capitale d’un pays est la ville qui est à la tête d’un état. C’est le sens étymologique du terme (le terme latin caput signifiant tête). C’est la même origine étymologique que le capitalisme (d’où le clin d’œil du titre puisqu’en réalité, « capitale » se dit Hauptstadt en allemand). On retrouve également cette racine latine dans l’adjectif capital ou encore dans le mot capitole.

La prochaine série d’article que je vais faire va parler des capitales.

Les capitales sont souvent représentées sur les cartes avec des pictogrammes différents. Souvent des étoiles ou des étoiles cerclées. Pour mes cartes, j’ai choisi simplement des étoiles de tailles proportionnelles à la population.

 

1, 2, 3 ?

Les capitales sont les villes à la tête, autrement dit, ce sont les villes qui dirigent l’état. C’est donc en général le lieu où siège le pouvoir et l’expression politique et administrative. C’est également la ville ayant le poids économique le plus important, la ville où se situe le pouvoir judiciaire et souvent aussi la ville qui fédère la culture nationale. De fait, c’est souvent une très grande ville, la plus peuplée du pays. Les français ont Paris, les britanniques Londres et les belges Bruxelles par exemple.

Voilà pour la théorie. Car en pratique, la capitale n’est parfois rien de tout cela, ou presque. En effet, les capitales que certains apprennent par cœur et qui figurent dans tout bon atlas ou sur toute belle mappemonde sont généralement la capitale reconnue par l’état (capitale constitutionnelle) ou la capitale politique (là où siège le gouvernement). Les pays en ont une. Mais il existe certains pays ayant deux, voire trois capitales.

Prenons l’exemple de l’Afrique-du-Sud dont la capitale est … ? Tient, bonne question. Quelle est la capitale de l’Afrique-du-Sud ? J’en avais parlé dans un précédent article, puisqu’elle est au cœur de débats sans fin à propos de son nom (opposition entre le nom afrikaans tel qu’on le connaît et le nom voulu par le gouvernement de l’ANC). Donc Pretoria (puisque l’on parle d’elle) est la capitale administrative du pays. C’est elle que l’on retient et que j’ai par exemple placé sur mes mappemondes. Mais l’Afrique-du-Sud compte 3 capitales ! Par la constitution, Bloemfontein est officiellement la capitale judiciaire tandis que Le Cap est le siège du gouvernement. Dans les faits, Bloemfontein ne mérite même plus son titre car anticonstitutionnellement, c’est Johannesbourg qui l’est. Elle accueille aujourd’hui la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud. Cette dernière ville est en outre la ville le plus peuplée et la ville ayant le poids économique le plus important.

L’importance de la constitution

Un exemple plus proche et bien connu est celui des Pays-Bas. Amsterdam est la capitale constitutionnelle, la ville la plus connue et la plus grande du pays. Mais le siège du gouvernement néerlandais, le parlement, la cour suprême, le conseil d’état, le palais royal et toutes les ambassades se trouvent à … La Haye qui, par son importance, mériterait mieux le statut de capitale. Mais comme la décision constitutionnelle est Amsterdam, c’est cette dernière qui figure sur les cartes.

La constitution monténégrine présente deux capitales, la capitale « classique » : Podgorica et la capitale « historique » : Cetinje. Il s’agit là plus d’un hommage rendu à l’ancienne capitale du Pays, car le seule fonction de cette capitale « historique » est de loger le président de la république dans le Palais Bleu.

Abordons maintenant un exemple plus atypique. La Paz est la capitale de la Bolivie. Enfin, c’est ce que l’on croit. La réalité, c’est que la capitale constitutionnelle est Sucre. La Paz est bien le siège du gouvernement, mais de jure, la capitale est Sucre.

Je rebondis sur cette histoire de constitution puisque les français sont très attachés à ce qui émane de cette dernière. Et bien sachez pourtant que la constitution française ne décrète aucune capitale. Paris est une capitale de facto et non de jure (de fait/par usage et non par la loi). L’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 établit bien que le parlement et le sénat doivent être à Paris, mais leur congrès se réunit à Versailles. De plus, la loi est faite de sorte à ce que la capitale puisse être rapidement transférée à une autre ville en cas de nécessité. C’est ce qui s’est passé lors de la seconde guerre mondiale quand Bordeaux fut (très) temporairement capitale nationale. Puis d’une certaine façon pour Vichy et Brazzaville, qui furent respectivement capitale du Régime de Vichy et de la France libre.

Des vacances ? Une invasion ?

Dans certains cas, les différentes capitales peuvent jouer un rôle plus amusant quand on les observe de l’extérieur. En Finlande, il existe une capitale d’été,Naantali, où le président peut résider pendant les beaux jours s’il veut s’aérer l’esprit loin d’Helsinki. Tout est prévu pour que Naantali puisse accueillir ce dernier, aussi bien pour le repos que pour le travail, avec la possibilité pour lui d’organiser des sessions parlementaires dans cette ville.

La Birmanie n’a officiellement qu’une capitale. En effet, bien que ce soit la ville la plus peuplée, qu’elle accueille encore en son sein des entité gouvernementale et la plupart des ambassades, Rangoun n’en est pas (plus) la capitale. La junte birmane avait créé ex-nihilo la ville de Naypyidaw, qui est devenue en 2005 la capitale du pays. Officiellement, sa position plus centrale permet de mieux gouverner le pays. Mais la façon dont sont agencés tous les moyens de communication du pays rendent cette hypothèse peu crédible. La Birmanie étant un état ultramilitarisé, la raison retenue est plus celle de la crainte d’une invasion étrangère depuis la côte, scénario dans lequel Rangoun serait trop vulnérable.

Naypyidaw est bien à l’intérieur des terres.

Le poids des âmes

Pour finir, revenons sur le lieu commun selon lequel la capitale est la ville la plus peuplée. Comme nous l’avons vu dans les exemples précédents, c’est faux. Prétoria est moins peuplée que Johannesbourg, Napydaw est bien moins peuplée que Rangoun. C’est d’ailleurs souvent le cas dans beaucoup de pays issus de l’empire colonial britannique. Washington est moins peuplée que New-York, Ottawa est moins peuplée que Toronto, Canberra est moins peuplée que Sydney, New Delhi est moins peuplée que Bombay, Islamabad est moins peuplée que Karachi, Wellington est moins peuplée qu’Auckland, Belmopan est moins peuplée que Bélize (dans le pays éponyme).

Dans certains cas, la capitale s’est faite doublée par une ville de sa propre banlieue (un peu comme si Issy-les-Moulineaux devenait plus peuplée que Paris). Aux Philippines, Quezon City est deux fois plus peuplée que Manille. À Malte, Birkirkara est trois fois plus peuplée que La Valette.

Pas de chance pour ces villes qui, bien qu’ayant dans certains cas un poids économique plus important que la capitale, sont moins connues internationalement. Tout le monde connais Quito, peu connaissent Guayaquil. Personne en Europe ne connaît vraiment Santa Cruz de la Sierra, ville la plus peuplée de Bolivie, plus peuplée que Sucre et que La Paz.

Guayaquil est la principale ville d’Équateur. C’est également le principal port de la façade ouest d’Amérique du Sud. Pourtant en Europe, cette ville est relativement peu connue. Même chose pour Santa Cruz de la Sierra.

 

Dans un prochain article, je parlerai des particularités géographiques de certaines capitales, comme par exemple la proximité de certaines d’entre elles.

 

Nathan

1 comment so far

MayrigPosted on4:54 - Oct 3, 2017

Cet article est super bien fait ! Ludique, tout en étant très esthétique et aéré. J’ai hâte de lire les prochains !

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