Comparaison du vote 2002/2017

Comparaison du vote 2002/2017

Cette carte a été réalisée pour illustrer un article du Nouvel Obs (Le Plus).
L’article n’ayant jamais été mis en ligne, j’avais partagé son contenu sur Facebook, le voici.

Essayant de comprendre le vote FN depuis 2002 pour ainsi mieux combattre ses idées, j’ai effectué une analyse géographique de son vote au premier tour (puis plus brièvement une analyse du vote Macron). J’ai voulu le publier au Nouvel-Obs mais je ne suis pas sûr qu’ils le valident alors entre temps, je le partage sur facebook.

Certains médias commencent à dire que le Nord-Est économiquement défavorisé a voté Le Pen alors que l’Ouest et le Sud-Ouest où il fait bon vivre ont voté Macron symbolisant un vote contestataire.

D’autre avançant que les campagnes ont voté Le Pen alors que les villes ont voté Macron, symbolisant (ou sous-entendant) un vote des « civilisés » en faveur de Macron.

La réalité est toute autre et je vais tenter de l’expliquer grâce cette carte se concentrant principalement sur le vote FN et la comparaison 2002/2017.

Pour la première assertion, si certaines régions défavorisées économiquement ont voté Le Pen, la zone géographique de son électorat va au-delà. L’Alsace, la Côte-d’Azur, la Vallée du Rhône ou encore le Bordelais ne sont pas des régions économiquement en crise.

La deuxième assertion est plus vraie. Ce sont surtout les communes rurales qui ont voté Le Pen et les grandes villes ont voté Macron. Mais il y a des exception assez notables : pour la première fois des grandes villes ont voté FN : Toulon et Ajaccio. Fait tout aussi surprenant, d’autres grandes villes ont voté pour l’autre candidat dit « extrême » Mélenchon : Marseille, Toulouse, Saint-Etienne, Avignon ou encore Grenoble.

Le vote FN a également progressé par rapport à 2002 (zone bleue ciel sur la carte) dans des régions historiquement hermétiques au Front National : la Bretagne et l’Aquitaine ou il reste minoritaire (sauf au niveau départemental comme dans le 47) mais surtout en Normandie, en Corse et à l’Outre-Mer. Pour la première fois, le FN est le premier parti de l’Outre-Mer et en Corse ! Il est majoritaire dans certaines communes de Martinique, de Mayotte, de Guyane et de la Réunion et même en Polynésie ou en Nouvelle-Calédonie.

Néanmoins, le vote FN a perdu beaucoup d’influence (zone violette sur la carte) autour de Lyon, en marge du Rhône, en Alsace et en Savoie, respectivement au profit de Macron et Mélenchon à Lyon et en Savoie, au profit de Mélenchon dans la vallée du Rhône et de Fillon en Alsace et en Haute-Savoie.

Le vote Macron lui est presque une copie conforme du vote Hollande de 2012 auquel on aurait ajouté les voix de Bayrou avec la partie ouest de la France acquise à sa faveur. On notera cependant la perte de zones historiquement de gauche comme la Nièvre ou la Seine-Maritime (au FN), la Sarthe (département de Fillon) ou à l’inverse des gains de zones plutôt de droite comme le Maine, la Vendée ou la Savoie (73).

Parmi toutes les communes où Macron est arrivé en tête, une très grande majorité de celles-ci avait voté cinq ans auparavant pour Hollande, Sarkozy arrivant loin derrière et les communes ayant voté pour autres candidats (dont Mélanchon et LePen se compte en dizaines).

 

Les limites de cette comparaison, c’est qu’il s’agit de deux votes réalisés à quinze ans d’écart, cependant, on peut voir une similitude assez impressionnante pour les communes ayant voté les deux fois pour Le Pen (père et fille).
Et surtout, un étalement assez impressionnant de ce vote et donc des idées.

Si le vote FN en 2007 avait été très bas en comparaison avec 2002, je ne pense pas, vues les élections intermédiaire que le FN risque de baisser après ces élections et quelle que soit l’issue du second tour, il ne faudra pas se voiler la face une fois de plus quant au fait que tout ce qui a été entrepris jusqu’à présent pour faire baisser le FN ne marche pas et j’ai bien peur d’une dynamique de conquête territoriale globale soit en place.

La tendance est belle et bien celle d’un l’étalement géographique du vote FN. L’affrontement vote rural / vote urbain commence à montrer des signes d’effritement avec un plafond de verre franchi (les grosses communes ne votant pas FN) et une explication économique qui n’a pas de sens.